Terre d’Aficion : le compte-rendu.

Un spectacle festival à Pomarez, cela ne peut laisser indifférent. Un spectacle proposé par des jeunes Ganaderos Landais dans une des places les plus historiques de notre tradition gasconne : un cocktail très prometteur. D’ailleurs, le monde ne s’y trompe pas et c’est devant une assemblée très généreuse que débutait la seconde édition de Terre d’Aficion.

Pour sa deuxième édition, les Ganaderias Noguès et Grenet et leur parrain la Ganaderia DAL accueillaient la petite dernière, la Ganadéria Bel’Aventure pour nous proposer un lot de bétail plein de promesses. Mais avant l’entrée en piste des acteurs du soir, ce sont les cavalières de la troupe Chevaux Toros Passion qui assuraient l’introduction du spectacle.

Les vaches sans corde :

Pour ouvrir la soirée, ce n’est autre que Mathieu Noguès, organisateur, Ganadero et écarteur ce soir qui se présente. Pour l’occasion, c’est donc logiquement qu’il s’est vu affronter une vache de son propre élevage. Une mise en route pour lui qui devait également assurer une sortie de toro. 5 figure donc, un premier à droite où les bonnes sensations n’étaient visiblement pas présentes, et c’est alors exclusivement sur la corne gauche qu’il a réalisé cette série, Louis Ansolabéhère venant au passage tourner sa première rondade de la soirée.

Puis vint le moment de la sortie de la première coursière de la Ganadéria Bel’Aventure, l’occasion de voir l’entrée en piste de Maxime Dessa pour 4 passages, principalement sur la corne gauche de cette jeune bête bien présentée. Étienne Grenet et le champion des recortadores Espagnols Pakito Murillo nous auront également offert un vrillé pour leur entrée en matière, chacun dans son propre style. Notons dans cette sortie les deux superbes rasés de Nicolas Morandin sur sa propre vache.

Julien Guillé lui savait qu’il n’était pas désigné pour les novillos. C’est donc pleinement qu’il s’est livré devant une vache de son Ganadero Michel Agruna nous offrant alors la meilleure sortie de vache de la soirée, essentiellement sur la corne droite, avec quelques figures millimétrées sur la feinte comme sur le saut. Étienne Grenet et Louis Ansolabéhère viennent tourner un vrille chacun.

Chez lui à Pomarez, Florian Lahitte était opposé à une vache une nouvelle fois bien présentée de chez Bel’Aventure. Une série très méritoire face à cette bête fougueuse au gabarit imposant qui viendra l’accrocher, mais le Pomarezien prendra une très belle revanche. Étienne Grenet et Louis Ansolabéhère viendront tourner un périlleux chacun.

Thomas Marty, son coéquipier en grand spécialiste qu’il est viendra réaliser une superbe série devant la première coursière présentée par la Ganadéria Grenet, une jeune bête parfaitement adaptée pour briller, ce que fera Thomas avec deux écarts consécutifs au plus près, un sur chaque corne. Un périlleux pour Pakito Murillo

Les novillos :

Maxime Dessa se présente pour le premier novillo d’origine El Palmeral. Un novillo dificile qui réfléchit beaucoup mais Maxime ira chercher un bon passage sur la corne droite à son troisième. Après un vrillé de Louis, Pakito se présente pour un autre vrillé à la course d’élan minimale. Maxime Dessa viendra clore la sortie avec un téméraire passage côté gauche.

Puis vint le temps des premières : la première sortie devant un novillo sans corde du jeune Champion de France Gauthier Labeyrie. Le novillo de la Ganadéria Grenet fut débuté par Étienne, puis le jeune champion fait son apparition au centre de la piste, deux premières figures pleines de sang froid pour jauger son adversaire puis une troisième figure exceptionnelle au plus près sur la corne droite. Après une rondade de Louis Ansolabéhère et un périlleux d’Etienne Grenet, Gauthier Labeyrie se présente pour un cinquième et ultime écart sur cette même corne. Malheureusement sa sincérité habituelle lui jouera des tours et il ne laissera pas suffisamment de place. Rudement châtié, puis sonné il sera repris par deux fois au sol en tentant de se relever. Heureusement, l’organisation est très réactive et c’est Benjamin Dourthe, ancien novillero qui viendra sortir le novillo avec sa cape. Touché à l’oreille, certainement quelque peu sonné, il reviendra saluer et fera même une vuelta méritée pour une sortie à émotion.

Florian Lahitte devait affronter le troisième novillo de la soirée, malheureusement il sortira avec une corne détamponée. Seulement, il en faut bien plus pour démonter les trois as de la voltige. L’espagnol Pakito Murillo en tête qui fera un vrillé puis un saut de l’ange avant de se présenter pour un nouveau saut de l’ange en duo avec Louis Ansolabéhère. Puis Étienne Grenet prend part à la fête avec un superbe périlleux pilé avant que Louis ne revienne pour régaler le public avec une nouvelle rondade-flip (double rondade) à émotion, prenant le dernier appel sous le museau du novillo faisant réagir le public d’une seule voix : vuelta méritée pour les trois garçons !

Nouvelle opportunité alors pour Florian Lahitte qui malheureusement n’aura pas la chance de son côté ce samedi soir, la bête de remplacement refusant de se prêter au jeu. Il ne pourra alors exécuter que deux figures, la deuxième à droite très intéressante qui appuiera le regret de cette sortie écourtée. Pour la conclure, Étienne Grenet et Pakito Murillo viendront se « défier » avec chacun un vrillé parti du ras des planches avec seulement trois petits pas d’élan.

Avant les sorties des Toros, les cavaliers et cavalières de la troupe Chevaux Toros Passion faisaient une nouvelle apparition. Après une intervention de l’organisation pour travailler la piste, le rythme de la soirée, jusqu’alors idéal et très animé, fut malheureusement légèrement coupé, et il fallait donc de belles sorties de toros pour le relancer.

Les toros : 

Et pour ce faire, ce n’est autre que Caroline Larbère qui retrouvait Contador, une idylle qui avait fonctionné à merveille du côté de Dax il y a 8 mois de cela.

Placé par Jean François Deyris et Serge Junca, Laurent Deyris au bout de la ficelle, Caroline débute par deux feintes d’approche pour juger le déboulé de son partenaire sur la corne gauche, puis il sera immédiatement changé de corne pour deux figures sur le saut au plus près, la deuxième encore supérieure à la première faisant réagir unanimement le public : le spectacle était parfaitement relancé. Étienne s’est alors élancé pour un superbe saut périlleux avant que Caroline ne revienne conclure la sortie : Vuelta méritée pour laquelle le cordier Laurent Deyris est invité à participer.

Singularité de ce genre de spectacles, Cyril Dunouau débutera sa soirée directement devant un toro, le premier sans corde de la soirée. Un toro d’Alma Serena très vif travaillé avec expérience par Cyril Dunouau qui réussira à en sortir deux supérieurs sur la corne droite, et une première série annonciatrice d’une belle fin de spectacle, avec de nouveaux sauts d’Etienne d’abord, de Pakito et Louis en duo ensuite avant un nouveau périlleux pilé d’Etienne Grenet et une nouvelle rondade de Louis Ansolabéhère. Frayeur au moment de fermer la porte, le toro se retournant et projetant Étienne Grenet, un événement heureusement sans conséquences. On s’en remet donc aux hommes d’expérience et ce petit imprévu nous aura donné l’occasion d’observer un joli coup du lasso du spécialiste Jean François Deyris.

Vient ensuite la sortie de Mathieu Noguès face à un toro vicieux, difficile à travailler. Mathieu et un homme d’expérience et, avec raison, il se contentera de deux figures laissant le soin à Pakito Murillo et Étienne Grenet de conclure la sortie.

Fort de sa premier sortie réussie devant la vache nouvelle, Thomas Marty se présente devant l’ultime toro a écarter de la soirée, trois figures seulement mais un dernier au plus près, suffisant pour se voir accorder une Vuelta aux côtés d’Etienne Grenet et Pakito Murillo qui l’ont accompagné, ce dernier tournant un vrillé les mains dans les poches.

Pour conclure ce spectacle, ce sont les omniprésents sauteurs qui avaient la charge de cette sortie. Une sortie rapide où ils nous auront proposé des sauts divers et variés, mais il faut dire qu’au vu de leur générosité et leur inventivité tout au long du spectacle, il aura peut être manqué une petite étincelle dans cette sortie. Très gros spectacle tout de même pour Étienne, Louis et Pakito.

En résumé, l’affiche était belle, le spectacle en a plutôt été à la hauteur. Un spectacle rythmé devant les vaches sans corde, puis avec des acteurs pleins d’envie pour pallier des novillos et toros sans corde quelque peu décevants dans leur comportement. Certains regretteront peut-être le nombre réduit d’écarts proposés par les écarteurs, mais j’estime au contraire qu’ils ont agi avec raison, et que, tel un repas gastronomique, la quantité limitée n’a en rien altéré la qualité des figures proposées, et les sauteurs ont assuré le spectacle en n’hésitant pas à tourner jusqu’à quatre sauts par sortie pour combler le trop faible nombre de départs. C’est ainsi que très souvent ce samedi soir, nous avons vu plus de sauts que d’écarts au cours des sorties de toros, une singularité qui plaira à certains, qui donnera des regrets à d’autres. Terres d’Aficion sera alors sans doute dans les pensées au moment de se présenter dans les arènes du Plumaçon de Mont de Marsan en juin prochain.

Il ne me reste plus qu’une chose à dire : À l’année prochaine.

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