Aire, analyse d’une déception

L’on pourrait se contenter de déclarer que le premier grand concours de la saison qui se tenait Vendredi soir à Aire sur l’Adour était décevant, et le relater simplement en considérant cela comme une fatalité. Mais je préfère plutôt essayer de comprendre.

Pourquoi la soirée en général, que ce soit en piste ou autour, est considérée comme ratée par ses organisateurs ? Eléments de réponse :

Côté gradins

– Sur les quatre dernières éditions, seulement deux, en 2015 et 2017, ont pu se tenir à cause du temps capricieux avec on se rappelle des arènes totalement inondées l’an passé. Difficile alors de fidéliser des spectateurs d’une édition à l’autre, d’autant plus lorsque la date du concours a été décalée il y a quelques années du lundi au vendredi : l’habitué n’aime pas le changement.

– Dans la lignée des éditions précédentes, le temps n’était pas non plus vraiment de la partie et c’est sous un ciel menaçant que s’est tenue cette édition 2019, consacrant même ses champions sous la pluie : une pluie redoutée et un risque que certains n’ont sans doute pas voulu prendre préférant rester chez eux.

– L’un des points majeurs, qui non plus n’est pas sous la responsabilité du club organisateur, c’est aussi le bloquage préventif de la ville avec des plots de béton empêchant de s’approcher à distance réduite des arènes Maurice Lauche, ce qui a certainement découragé quelques coursayres des alentours, notamment les plus âgés qui auraient eu du mal à traverser la fête pour rentrer.

– Enfin, certains coursayres avaient peut-être anticipé un concours décevant, au vu de l’agitation en coulisses.

Côté piste

– En effet, Vendredi matin nous pouvions consulter le plateau prévu pour le soir : au final, pas de Thomas Marty, pas de Maxime Dessa pour le remplacer, côté sauteurs pas de réelle surprise si ce n’est la présence du vainqueur sortant David Laplace pour pallier l’absence de Louis Ansolabéhère. Mais surtout, on apprenait l’absence de Soltera, la Corne d’Or qui a arbitré tant de finals ces dernières saisons comme elle l’a fait le 30 Septembre dernier dans ces mêmes arènes. C’est donc Yeltessa qui allait conclure ce concours, une coursière si impressionnante, mais si atypique, même trop…

– Conséquence directe du manque de spectateurs, ceux présents réagissaient très peu aux quelques bons écarts, ce qui ne risquait pas de motiver et mettre en confiance les acteurs comme l’a montré Alexandre Duthen qui, après un écart pourtant très bon, voit que le public ne réagit pas et se remet alors en question en demandant à son bras droit Laurent Darrouzès « C’était pas bien ? » Ce à quoi le sauteur répondit très justement que l’écart était bon, mais que c’était le public qui ne suivait pas. Nous sommes alors entrés dans un cercle vicieux où le public ne réagissant pas, les acteurs perdent peu à peu confiance et motivation et font alors encore moins réagir le public. Même l’écart le plus important du concours, un très bel intérieur à la sortie des loges de Loïc Lapoudge sur Colombine n’a pas suscité dans les gradins l’émotion qu’il méritait. Autre exemple, au moment où Adrien Descazaux annonçait seulement 5 points pour Alexandre Duthen lors d’une sortie suite à un soucis dans la transmission de notes, le public est resté indifférent, comme s’il n’était pas concerné par le concours, comme s’il était présent sans l’être.

– Alors sommes nous devenus trop exigeants ? Je ne pense pas car ce n’est bien évidemment pas uniquement la faute du public si le concours à déçu, loin s’en faut : nous avons assisté à un concours assez compliqué, surtout celui du final avec une première sortie difficile face à Olympe mettant quatre des cinq acteurs au sol assez violemment, puis la sortie de Vaya Con Dios était propre mais sans sommet alors que Guadalajara n’a pas su être bien exploitée par les acteurs du soir. Finalement, le seul sommet aura été cet intérieur sortie des loges du vainqueur du soir sur Colombine, redressant par la même occasion la coursière pour une sortie bien différente de ce que l’on peut voir le Dimanche. Enfin sortait Yeltessa et Gauthier Labeyrie pour la débuter. Une fois mis au sol, le concours était joué et connaissant la dangerosité de la coursière, aucun écarteur n’a tenté de réaliser d’exploit, et les écarts intérieurs ont plus été tournés par sécurité que pour tenter de marquer des points : pour preuve, Loïc Lapoudge vainqueur du jour ne reprend qu’un point en tournant à l’intérieur là ou Gauthier Labeyrie son dauphin est tombé. Dommage de ne pas avoir vu un concours jusqu’à la dernière coursière, lui qui a pris fin dans la tête des acteurs après le passage de Loïc sur Colombine, et il faut le saluer pour son retour si rapide au sommet. Félicitations.

Et maintenant ?

Au sortir du concours il est vrai que les organisateurs avaient quelque peu perdu le moral. Mais ils vont certainement se réunir, faire le point et je l’espère revenir en force l’année prochaine. De mon côté, je pars de ce constat que je viens d’établir pour vous présenter deux éléments que j’aimerais trouver l’an prochain à Aire :

J’ai assisté à l’inter-peñas samedi après-midi dans les arènes : une journée des Peñas qui amène donc des jeunes, mais aussi une journée des enfants qui amène des familles. Pourquoi donc ne pas profiter de ce spectacle en journée et des animations en ville pour proposer le concours le samedi soir ?

Une chose est sûre, la formule a posé problème : on l’a vu la sélection s’est finalisée très tard et hormis en piste peu d’acteurs de formelle étaient présents car peu convaincus. Personnellement, j’appréciais beaucoup l’avant-dernière formule de ce concours : 4 têtes de série affrontent 4 outsiders dans 4 duels sur une coursière tirés au sort avec les 3 meilleures figures sur 4 qui comptent. Les vainqueurs plus le meilleur second s’affrontent pour un concours final à 5. Moins d’écarts à l’éliminatoire donc l’obligation d’attaquer d’entrée promettant au public plus de spectacle et moins de monotonie avec des acteurs différents qui s’affrontent, et puis surtout fini ce système de qualifiés d’office qui a beaucoup fait parler de lui.

Quoi qu’il en soit, peu importe le jour, peu importe la formule, je ne peux qu’espérer que l’année prochaine en découvrant le calendrier nous serons heureux d’y trouver le concours de Aire, l’une des places incontournables de notre tradition.

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